KALYMNOS


 
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 Le Jardin

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Mythocles
ROI DE KALYMNOS
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MessageSujet: Le Jardin   Sam 28 Mai - 18:12

...
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Anthéa
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Sam 20 Aoû - 13:40

[Rôtisserie]

Ayant pris soin de donner des points de repère à Atréides, Anthéa lui montrait le chemin jusqu'à la maison de son maître.

"Voilà nous y sommes." dit-elle en lui montrant la villa en bord de mer.

Anthéa ignorait si Nicias était rentré où non de sa course qui l'avait empêché d'assurer la vente. Aussi regarda-t-elle autour d'elle et appela.


"Capitaine ? C'est Anthéa. Je suis avec Atréides. Capitaine tu es là ?"
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Atreides
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Jeu 25 Aoû - 16:47

[Rôtisserie]

L'air ennuyé d'Atreides masquait l'appréhension qu'il ressentait réellement. Il avait écouté les directions d'Anthéa pour distraire son esprit de l'inquiétude qu'il sentait monter en lui. L'esclave lui avait dit que son... que leur maître était plus permissif que la plupart des gens de son rang. Mais Atreides était un homme, on traitait de façon différente les hommes des femmes, que ce soit dans n'importe quelle tranche de la société. Ce Niciais était peut-être plus magnanime avec les femmes et, les tâches dont il les dispensait retombaient peut-être entre les mains de leurs homologues masculins. C'était normal, d'un côté, l'Homme était plus fort, plus robuste, plus intelligent, donc apte à réaliser du travail.

Une fois dans la villa, Atreides se tint debout, les bras croisés, dans cette attitude sombre et fière qui avait fait sa gloire. Peu importe comment serait ce Nicias. Il ne se laisserait pas dresser comme un vulgaire chien, il se l'était promis.
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Nicias
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Ven 26 Aoû - 3:36

[Ecurie]

Nicias se dirigea d'un pas lent vers le jardin, après tout ils se devaient de l'attendre, et il était toujours bon de se faire désirer...

Il déboucha enfin dans le jardin, avec une certaine satisfaction, il pu à nouveau admirer le visage resplendissant de sa jeune Anthéa, sa beauté était décidement un don de Phoebe...

Mais comme à son habitude, il ne laissa pas ses émotions transparaître sur son visage, il savait qu'Anthéa lui amenait un nouvel esclave, il se devait de faire preuve de fermeté, il n'attachait pas une grande importance à la docilité de ses esclaves, mais pour autant il tenait toujours à faire savoir qui était le Maitre, une vieille habitude en somme.


Sa première action fut d'ignorer superbement le nouvel esclave, en ne lui adressant aucun regard ni aucun geste, il se contenta de fixer Anthea dans un premier temps, avant de faire à son attention:

" Pardon si mon odeur agresse tes fragiles narines Anthéa, mais j'étais en train de m'occuper de Souffle d'Ombre, l'odeur de paille et de crottin ôte vite toute majesté à quelqu'un."

Une premiére déclaration pleine de simplicité, et d'humilité qui pouvait surprendre, voir choquer, il n'avait pas à s'excuser de tels choses devant son esclave, mais il n'avait jamais attaché une grande importance à toutes ses régles, le barbare de Créte se souciait bien peu de l'opinion qu'on avait de lui, pour ces grecs presomptueux, il sera toujours un barbare.


En revanche, cette fois ci la situation était un peu différente, il n'était pas seul, Anthéa avait ramené un nouvel esclave, son instant d'affabilité s'éffaca vite, et son regard se tourna enfin vers le nouvel arrivant, un regard dur et froid, le regard percant qui avait sa légende.

Il ne manifesta aucune réaction dans un premier temps, et se contenta de jauger le nouveau venu, il le jaugea dans ces moindres détails, et il garda ses premières impressions pour lui même.


*Fier comme un Taureau... le genre à vous tenir tête sans raison et au vu de ses origines, ceci devait paraître comme une humiliation pour lui. Alors ne le décevons pas.*

Caressant pensivement le pommeau de son sabre perse, il cessa de fixer un instant le nouveau venu, pour se fendre d'un rire, aussi inattendu qu'il devait paraître méprisant pour Atreides, Nicias n'avait pas fait cela sans raison, il ne faisait jamais rien sans raison, chaque attitude, chaque geste n'était que le début d'un jeu, d'un rapport de force qu'il mettait en place afin de tromper l'adversaire, un rire qui cessa vite.

A peine l'eclat de rire estompé, il s'adressa sur un ton moqueur à Atreides:


" Ta présence ici, est le signe que la Gréce est encore tombé plus bas que je ne le pensais."

Puis il attendit sa réaction, une réaction qui déterminera ses futurs rapports avec son nouvel esclave.
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Anthéa
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Ven 26 Aoû - 21:59

Anthéa observa Atréides, l'air sombre et les bras croisés. Elle était presque sûre qu'au fond de lui il était angoissé de la première rencontre avec son nouveau maître. Voyant que Nicias se faisait attendre, elle tenta de le rassurer.

"Si tu le repousses dès le début, il risque d'être moins conciliant qu'il ne l'est avec moi. Même si c'est dur, ravale ton égo, ça te sera plus profitable par la suite."

Nicias arriva enfin, bien vêtu. Apparemment il voulait faire de l'effet pour que la première impression d'Atréides à son égard soit la meilleure. Elle fut surprise de le voir ignorer son nouvel esclave pour la regarder, elle. Quand il lui parla de son odeur, Anthéa se sentit très gênée vis à vis d'Atréides et elle baissa les yeux un peu confuse. Elle savait que Nicias l'appréciait mais au point de s'excuser de son odeur... Anthéa porta ses doigts fins à ses lèvres ne sachant quoi répondre. La colère qu'elle ressentait envers Nicias par rapport à la vente d'esclave à laquelle elle avait du assister contre son gré s'envola un peu.

Elle releva les yeux lorsque Nicias porta enfin son attention sur Atréides. Son regard était dur et Anthéa se mordit la lèvre appréhendant la réaction de l'esclave. Anthéa fut surprise une nouvelle fois de l'entendre rire. Mordillant son index d'anxiété, elle regarda Atréides, attendant sa réaction.
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Atreides
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Ven 26 Aoû - 23:38

À peine Nicias était-il entré dans le jardin qu’Atreides sut que leur relation serait infernale. Lorsqu’il y avait deux boucs dans un troupeau qui n’en nécessitait qu’un seul, la confrontation était inévitable afin de décider celui qui en prendrait la tête. L’Athénien se savait en position sociale inférieure, mais cela ne supposait pas toutefois qu’il eut perdu toute volonté ou force en raison de cela et il comptait bien le démontrer à ce Nicias, qui respirait une complaisance bien mal-placée.

L’homme l’ignora d’abord, ce qui fit assombrir les traits de son cadet, qui n’était pas habitué à ce que l’on ne lui accorde aucune attention. Même le marchand d’esclave l’avait traité avec plus de déférence. Les excuses qu’il présenta auprès d’Anthéa firent sourire Atreides. Un Crêtois. On reconnaîtrait cet accent au milieu d’une Agora en pleine heure de pointe. Un Crêtois doublé d’un rustre, quoique Crêtois impliquait bien trop souvent la caractéristique ‘rustre’. Le jeune esclave soutint ensuite le regard dans sa direction, procédant à sa propre évaluation à son tour.

Ce Nicias devait approcher les quarante printemps, il n’était donc pas dans sa prime jeunesse. Son visage carré aux traits accusés allait de pair avec son caractère : brut. Loin des lumières d’Athènes et même de la stricte Sparte. Un Crêtois. Quel déshonneur que d’être tombé entre les mains de pareil animal. Sa mâchoire se durcit. Il aurait voulu tomber entre les mains d’un véritable Grec, un homme ayant reçu son éducation, pas cette baudruche bouffie d’orgueil. Même un Perse aurait été préférable à un pareil sort!

Au rire de Nicias, Atreides serra son poing, enfonçant ses ongles dans la chair tendre de sa paume. De tous les affronts qu’on pouvait lui faire, se rire de lui était probablement l’un des plus graves. Depuis les débuts de leur première rencontre, le marchand semblait avoir tout fait pour attiser la colère de son nouvel esclave. S’il continuait à ce train, il finirait par assister à l’un de ses accès de rage.

La goutte qui fit déborder le vase fut la moquerie pure et simple de Nicias. Le jeune Athénien leva son poing qui alla se fracasser directement contre la mâchoire de l’homme plus âgé. Il se défendait bien au pancrace, il avait terminé troisième aux Jeux Panathéniens. Il avait par contre fini premier à la course… ce qui ne lui était d’aucune utilité, comme il n’avait aucune intention de fuir. Il n’avait aucun regret pour le geste qu’il venait de commettre et en était même très satisfait. On ne raillait pas Atreides d’Athènes sans conséquences.


« Tu oses me juger, Crêtois? Car c’est bien ce que tu es, n’est-ce pas? Ton accent te trahit, barbare, tout comme cette fausse majesté que tu clames avoir! »

Il cracha contre le sol avec mépris avant de rugir :

« Retourne dans la paille et le crottin, berceau de ton peuple, plutôt que souiller les terres grecques de ton pied indigne, Crêtois! »
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Nicias
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Sam 27 Aoû - 1:26

La violence du coup, et la soudaineté mit à terre Nicias...

Nicias ne répondit pas tout de suite, il manifesta aucune réaction, il resta de marbre, se contentant de se relever en massant sa machoir...


*Ce petit a de la puissance, mais c'est un imbécile...*

Il épousetta soigneusement sa tunique, et sa cuirasse...

Puis il se mit à sourire, un sourire moqueur, qui masquait mal sa déception, il avait cru avoir affaire à un homme, ce n'était qu'un gamin braillard indiscipliné et imbécile, il ne pouvait rien faire de bon de ce nouvel esclave.

Mais masquant cette déception, il se contenta de répondre d'un ton persifleur:


" Qui me parle ? Qui ose me juger ? Un grec, un de ses arrogants athénien ? Tes mains blanches et ta stupidité viennent de te trahir, un spartiate aurait eu plus de sagesse que ca ! Un gosse de riche surêment imbu de sa culture! Mais comme toute Athènien, toujours prêt à embrasser le premier maitre, baisant les pieds du premier sauvage Macédonien venu! Ne parle pas de la fierté de ton peuple vous n'en avez aucune ! Vous l'avez perdu à Cheronée ! Où étais-tu du temps où je combattais dans les armées d'Alexandre à Chypre, à Tyr et à Arlabès ? Dans la cohorte de ceux qui mettaient le feu à persepolis ? Ou alors perdu dans le confort douillet de ton Acropole à plier le joug sous l'occupant Macédonien, et à egorter sur la superiorité de ta race ? Même les Perses avaient plus de superbe que ces bavards Athènien ! Je suis un barbare oui, un fils de la Crète, et venant d'une femelette Athènienne cet insulte est un compliment..."

A peine son discours achevé, vif comme l'éclair, il se jetta contre l'esclave, une fois proche de lui, il se fendit d'un violent coup de coude qui heurta de plein fouet le nez de l'Athénien, il en profita en même temps pour rajouter deux coup de poing dans le torse, et un dernier crochet du droit qu'il dirigea à nouveau sur le nez de l'esclave...

Il voulait la bagarre, se battre contre font les animaux, celà ne posait aucun probléme à Nicias, se ne sera pas le premier de ses futurs hommes qu'il rosse, c'était bien parfois le seul moyen d'obtenir une quelconque autorité, il était moins jeune, moins souple, et moins rapide, mais il compensait par sa force brute, et son experience des combats, il n'aurait aucun scrupules à employer les pires moyens pour mettre à terre son adversaire, et sa cuirasse le protégerait des mauvais coups...
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Anthéa
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Sam 27 Aoû - 2:31

Anthéa voyait Atréides de plus en plus crispé et tendu. Ca ne présageait rien de bon, mais alors rien du tout. La jeune femme regardait en alternance Nicias puis Atréides, s'efforçant d'espérer que l'un d'eux allait calmer le jeu.

Malheureusement le coup de poing de l'esclave partit si soudainement qu'Anthéa poussa un cri en voyant Nicias s'étaler à terre. Anthéa entama un geste pour retenir Atréides par le bras mais se ravisa, sentant la colère de l'homme trop forte pour qu'elle ne soit pas à l'abri elle-même d'un mauvais coup.

Elle regarda Nicias se relever, se sentant impuissante à les calmer tous les deux, deux hommes bien plus forts qu'elle. Nicias parlait... il répliquait aux insultes d'Atréides. Anthéa pria les dieux qu'il s'arrête là mais déjà Nicias s'était jetté sur l'esclave pour le rouer de coups.

Anthéa se sentit flotter un instant enrte stupéfaction et horreur, puis décida qu'elle ne pouvait rester à regarder sans rien faire. S'approchant des hommes à terre, elle attrapa un bras, qu'importe s'il appartenait à Nicias ou Atréides, et tenta de le retenir de toutes ses forces en criant.


"Ca suffit ! Arrêtez immédiatement !"
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Atreides
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Sam 27 Aoû - 5:07

Un craquement sinistre se fit entendre lorsque le nez d’Atreides fut brisé sous l’impact du coup qu’il reçut. Le jeune homme porta ses mains à son visage pour le protéger d’autres coups lorsqu’il eut le souffle coupé par deux nouveaux assauts. Ce n’est que quand Nicias le frappa pour la quatrième fois qu’il s’effondra contre le sol, la respiration saccadée et le sang ruisselant de son nez brisé.

L’esclave leva la tête sur son maître et repéra le sabre pendu à sa taille. Il tendit tous ses muscles et s’apprêta à bondir sur l’homme pour lui retirer son arme et la retourner contre lui. La main qu’Anthéa posa sur son bras lui fit changer d’avis.

* Ne t’attaque pas à lui. Prends-toi en plutôt à elle. *

Atreides ramena brusquement son bras vers lui, faisant perdre son équilibre à la jeune femme rousse. Il l’attira contre lui d’une main et tira le sabre de son fourreau de l’autre. Quoique avait pu en dire Nicias, le jeune homme avait fait son service militaire comme tout bon citoyen et en avait retenu plusieurs leçons, dont celle de s'armer d'otages. Il approcha la lame du cou d'Anthéa, la faisant miroiter au Soleil.


« Si toi, tu as une cuirasse, Crêtois, il en est tout autre de ta chère esclave. »

Il éclata de rire à son tour pour ensuite s'enquérir d'un ton plein de sarcasme:

« Qu’est-ce que tu dirais que je lui coupe ses fragiles narines, Crêtois? Ainsi, elle ne serait plus indisposée par ton odeur nauséabonde! »

Une nouvelle idée lui vint en tête. Mutiler Anthéa aurait été un vrai gâchis. De plus, elle s’était bien conduit envers lui. Il l’épargnerait… pour cette fois.

Atreides leva lentement le sabre vers le visage de la jeune femme, un sourire mauvais aux lèvres, mais plutôt que de lui trancher le nez comme il l’avait menacé, il sectionna l’agrafe de sa tunique d’un mouvement sec, dévoilant son corps parfait. Son sourire s’accentua lorsqu’il huma le parfum délicieux qu’elle dégageait, sentant le désir l’envahir peu à peu. Mais il n’y avait pas que le désir qu’il savait monter en lui, le sentiment de contrôle, également. Un sentiment encore plus étouffant que le simple désir. Il se répandait dans ses veines, faisait battre son cœur, soulever sa poitrine et en demandait toujours plus.

L’Athénien aimait avoir Anthéa à sa merci, il savourait ce pouvoir qu’il avait sur elle. Si elle vivrait ou pas, il en déciderait. Il se faisait Hadès. Elle était en sa possession, plus que jamais Nicias ne pourrait la posséder. Il avait toujours été ainsi. À Athènes, il choisissait les concubines les plus dociles et les esclaves de plaisir les plus soumis. Il les voulait entièrement à lui ; sous lui ; à genoux devant lui. Il se nourrissait de la crainte, l’adoration, la résignation dans leurs yeux. Il ne demandait rien de moins que l’asservissement le plus total.

Sa voix était railleuse lorsqu’il demanda :


« Sais-tu seulement apprécier l’esclave qui t’appartient, barbare? Comment peut-elle supporter tes mains calleuses sur sa peau de nacre? »

Il prit une boucle rousse entre ses mains et la baisa, appréciant leur douceur au toucher. Ses yeux sombres ne quittaient pas Nicias, guettant chacune de ses réactions à ses provocations ouvertes. Atreides avait toujours été un adversaire sans pitié. Il n’avait aucune scrupule à utiliser les faiblesses de ses ennemis pour les retourner contre eux. Si ce Crêtois affectionnait tant son esclave, autant en profiter. Lui-même n’avait jamais aimé quiconque, conscient du danger de s’attacher à quelqu’un. De toute façon, son cœur était déjà trop pris par sa propre personne pour laisser place à un autre.

Ses doigts fins parcoururent la colonne d’Anthéa avec sensualité, tantôt l’effleurant, tantôt se faisant plus présents. Son autre main gardait résolument sa prise sur l’arme, Il fit courir ses lèvres sur son épaule nue jusqu’à ce qu’il atteigne la gorge de la jeune femme. Il enfonça ses dents dans la peau pâle, seulement assez pour y laisser une marque. L’esclave ressentirait une certaine douleur, mais bien moindre comparée à que ce qu’il aurait pu lui faire subir s’il en avait eu l’envie. Non, pour l’instant, c’était symbolique. Atreides s’appropriait le bien du marchand, il y laissait sa trace. Toujours il avait voulu être le meilleur et ce, en tout. Même esclave, il chercherait à prendre le dessus sur son maître, de quelque manière que ce soit et peu importe les rossées qu’il recevrait.


« Vois, Crêtois, ce que je faisais pendant que tu jouais au petit soldat. Admire et prends en note. Quand j’aurai terminé, tu pourras peut-être essayer de m’imiter. »

Sans jamais que son regard ne quitte le visage de Nicias, Atreides continua sa montée jusqu’à ce qu’il s’arrêta à l’oreille d’Anthéa, dont il mordilla le lobe, qu’il lécha presque aussitôt. Il lui murmura sournoisement :

« Alors, Anthéa, mes mains blanches de Grec sont-elles si désagréables? Est-ce qu’à force d’embrasser les pieds du premier sauvage venu, j’en aurais oublié la manière de susciter le plaisir…? »
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Nicias
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Dim 28 Aoû - 0:38

Nicias ne laissa transpirer aucune émotion, tout juste étouffa t'il un juron de colére de s'être fait deposedé de son arme, pour le reste, il ne sentait rien, n'affichait rien, une colére froide coulait en lui, une colére devastatrice, cette esclave ne savait à quoi il s'attendait, il imaginait peut être que celà allait le faire reculer ? C'était mal le connaître...

Dans un premier temps, il observa avec degoût les agissements simiesques de l'esclave, mais le dégout laissa rapidement prise à un grand sourire, un sourire moqueur devant l'étalage de gloriole que venait de faire Atreides, il riposta de son ton persifleur, et toujours plus moqueur:

" Les femmes sans défenses sont-ils les seuls êtres que vous puissez vaincre désormais Athènien ? Immonde pederaste sans honneur, ni fierté, même les Perses ont plus d'honneur que toi... Mesure toi à un adversaire à ta taille au moins, c'est à dire un enfant armé d'un bâton... Et encore j'ai peur que cela ne t'effraie..."

Puis il ôta son bandeau, le denoua entre ses mains, enveloppé dans le tissu était dissimulé deux petits couteaux en ivoire de fabrication de la lointaine Inde, une prise de guerre, deux couteaux à lancer, un jeu auquel il était passé Maître...

Se placant à deux pas d'Atreides, il se mit en position, et leva un premier couteau:

" J'accorde une grande valeur à cette esclave certes, mais vois-tu lâche, je suis Nicias de Créte, pirate à ses heures, j'ai tué, pillé, violé, massacré, j'ai plus de sang sur mes mains que tous les citoyens réunis de cette ville... Vois-tu avec ces couteaux, je rate rarement ma cible, le premier si je me rate sera pour mon esclave, il vaut mieux la mort à un honneur souillé par un couard impuissant dans ton genre, le deuxiéme sera pour toi, et soit sur que je ne raterais pas ma cible... et que je n'aurais aucun scrupule à faire ce que j'ai dis, je n'ai qu'une parole..."

Son premier à couteau à lancer en main, il commenca à tourner lentement autour d'Atreides, afin de le prendre en défaut, et de le destabiliser,...
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Lysandre
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Dim 28 Aoû - 23:03

[La rôtisserie de Dionysos]

Un client régulier de Lysandre avait eu l'amabilité de lui indiquer la maison de Nicias. Elle était située en retrait de la cité, comme si le Crétois avait cherché à souligner ses origines étrangères. Cette pratique n'avait pourtant pas court, habituellement, à Kalymnos. Où peut-être cherchait-il, tout simplement, à profiter de la vue. Et force fut de reconnaître à Lysandre qu'il ne pouvait vraiment pas lui donner tort. Le paysage qui l'environnait était splendide. Cependant... Cependant quelque chose mettait le jeune homme mal à l'aise, et il n'était pas besoin de tergiverser longtemps pour savoir quoi.
Le bruit des vagues.
Depuis ce qu'il appelait en son for intérieur "la nuit de la déesse", Lysandre ne pouvait se défendre d'un léger malaise lorsque le clapotis des vagues résonnait à ses oreilles. Ce n'était pas une nausée ou une migraine... non, son coeur se serrait, et son sang battait sourdement à ses tempes.


*Allons !*

Le rôtisseur secoua la tête, cherchant à distraire son esprit du bruit lancinant des vagues sur la plage. Cela ne lui fut pas difficile. Des éclats de voix se faisaient entendre. Et vu leur proximité, il n'y avait qu'un endroit d'où ils pouvaient provenir.

*Une dispute chez Nicias ?*

Cela ne regardait personne, bien entendu. Mais Lysandre n'était pas n'importe qui. Enfin une occasion de s'amuser un peu, et de voir comment le hautain Crétois perdait son calme. Lysandre franchit les derniers mètres aussi vite qu'il le pu.
Deux silhouettes se faisaient face, Nicias et l'esclave qui avait accompagné Anthea quelques heures plus tôt. Et entre eux deux

le coeur de Lysandre manqua plusieurs battement, tandis que son sourire se fendilla

Anthea, pâle et nue comme la lune, avait un couteau sur la gorge.

Quelque chose céda avec un bruit sec dans l'esprit du petit rôtisseur d'une île perdue. Peu lui importait les convenances, l'orgueuil ou quoi que ce soit d'autre, un être humain, une femme, était en danger de mort.
Visiblement, ni Nicias ni son esclave ne l'avaient encore remarqué. Un plan grossier se forma rapidement en Lysandre alors que, les yeux baissés sur le sentier, il avisait une large pierre arondie. Il la saisit des deux mains, et, retenant son souffle, avança en prenant bien soin de se tenir dos au ravisseur d'Anthea. Un pas, deux, trois... dix... Nicias l'avait-il remarqué ? Si oui, pourvu qu'il ne dise rien ! Cinq autres pas... aïe, les deux se mettent à tourner... Nicias émit une phrase que Lysandre n'eut ni l'envie ni l'attention de saisir. Tout son esprit était focalisé sur son objectif.
Les muscles galvanisés par la terreur, le rôtisseur parcouru en bondissant les derniers mètres. Il crut trébucher... Non.


*Imbécile !*

Incroyable. La tête de l'esclave lui était offerte, sans défenses. Lysandre détendit les bras aussi fort qu'il le put.
La violence du choc lui tétanisa le bras, tandis qu'un bruit sourd se faisait entendre.
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Anthéa
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Lun 29 Aoû - 1:21

Le bras qu'elle tenait la tira brusquement et Anthéa perdit l'équilibre, tombant en avant dans la mêlée. En quelques secondes à peine elle se retrouva avec une lame sous la gorge. La surprise était telle que rien ne sortit d'entre ses lèvres, ni un cri ni même un hoquet de stupeur.

Son cerveau ne comprit pas tout de suite qui la retenait ainsi mais Nicias était en face d'elle et le rire d'Atréides s'éleva tout près de son oreille. Les yeux agrandis de terreur, elle entendit les menaces de l'esclave voulant lui trancher le nez. Son coeur manqua un battement lorsque que le sabre se leva vers son visage mais l'arme s'abattit ailleurs, exposant son corps à la légère brise qui la fit frémir.

Anthéa ne comprenait pas. Son esprit allait trop vite ou trop lentement, peu importait mais elle semblait décalée avec la réalité, tétanisée. Comment Atréides pouvait-il lui faire cela ? Elle avait parlé avec lui le matin même, avait tenté de le rassurer, l'avait conseillé, ils étaient allés au marché ensemble, puis à la rôtsserie, comment pouvait-il être si menaçant en cet instant ? Et pourquoi s'en prenait-il à elle qui ne voulait que son bien ?

Un violent frisson de peur la secoua lorsqu'elle sentit une main caresser son dos le long de sa colonne vertébrale. Une image furtive lui traversa l'esprit. Anthéa présentait son nouvel esclave à Nicias, et Atréides, quoique bougon suivait ses instructions pour rester correct. Une autre image suivit la première, celle d'Atréides et elle travaillant en bonne entente et dans la bonne humeur. Des journées moins seule...

Son esprit revint à la réalité lorsque qu'une vive douleur au cou lui fit reprendre conscience de la situation actuelle. Elle n'arrivait pas à crier, la gorge nouée par la peur et la question que lui posa Atréides resta sans réponse. Son regard apeuré se leva vers Nicias, son maître qui l'avait protégée jusque là. Il allait l'aider, la prendre dans ses bras et l'emmener loin de ce sabre qui restait toujours contre la peau fine de son cou. Mais ce qu'elle vit sur le visage de Nicias la fit sombrer dans un abysse sans fond. Il souriait.. et tenait dans sa main des couteaux qui la menaçaient, elle... en plus du sabre. Mieux vaut la mort qu'un honneur souillé... ces paroles résonnèrent plusieurs fois dans son esprit. Elle n'avait plus d'honneur, elle, esclave passée de mains en mains, Nicias préférait qu'elle meure et il souriait, et il la menaçait.

Un bruit sourd au-dessus de sa tête brisa le silence d'angoisse qui avait enveloppé la jeune esclave et elle sentit le poids d'Atréides peser sur son dos. Anthéa perdit l'équilibre et tomba de côté, le sabre l'entaillant très légèrement à la base du cou laissant perler quelques gouttes de sang.
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Atreides
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Mar 30 Aoû - 5:25

Le frémissement d’Anthéa fit sourire Atreides. La jeune femme semblait si forte et pourtant, dans cette situation, elle réagissait comme n’importe quel commun mortel… C’était presque décevant, quoique tout à fait raisonnable, considérant sa position.

« Mais tu trembles, Anthéa, aurais-tu donc peur de moi? Tu n’as rien à craindre pourtant… »

Sa main écarta doucement les cheveux qui tombaient sur sa nuque pour y déposer un baiser.

« C’est plutôt ton Crêtois qui devrait trembler. »

Mais l’Athénien cessa de sourire au moment où son adversaire tira deux couteaux de son bandeau. Il n’avait pas envie de mourir. Il avait encore trop d’exploits à réaliser. Athènes à prendre, puis ensuite Spartes, Mycènes… Devenir plus grand qu’Alexandre, plus puissant que n’importe quel monarque, plus vénéré que tous les dieux réunis. Il ne voulait pas mourir. Ce n’était pas tant son instinct de survie qui lui intimait cette pulsion, c’était son ambition dévorante qui voulait à tout prix être assouvie. Comment atteindre ses buts s’il n’était rien d’autre qu’un cadavre?

Il fallait trouver un moyen de se tirer de ce faux pas et ce, au plus vite. Y avait-il un moyen de désarmer le Crêtois? Il devrait se débarrasser de son otage et s’engager dans un corps à corps avec lui. Les chances d’en sortir indemne étaient minces, les chances d’en sortir vivant l’étaient plus, mais subsistait tout de même le doute. Atreides n’avait pas mangé de repas substantiel depuis longtemps, tout comme son sommeil avait été léger. Bien qu’il fut jeune et relativement en santé, Nicias était mieux nourri et probablement mieux entraîné. Sa force physique était sûrement supérieure à la sienne.

Même si l’esclave arrivait à terrasser son maître, il resterait Anthéa comme témoin. Puis, il faudrait quitter l’île dans les plus brefs délais et trouver refuge ailleurs. S’il se faisait attraper, il terminerait vraisemblablement dans un piteux état. Les galères attendaient toujours d’être remplies, tout comme il y avait toujours place pour quelqu’un de nouveau dans les bordels.

Une seule certitude parmi ce dilemme : Atreides ne voulait pas mourir. Il avait besoin de la collaboration d’Anthéa pour s’en sortir et comme sa vie en dépendait, elle lui obéirait certainement.

De la voix la plus calme qu’il put réunir, le jeune homme chuchota à l’oreille de sa captive :


« Tu vois, Anthéa, comme ton maître t’apprécie, comme il attache une importance à ta vie? Il préfère te tuer plutôt que de te voir tomber entre mes mains. Quel homme admirable... J’espère que tu ne détourneras jamais ton regard de lui, sinon tu sais maintenant ce qui pourrait t’arriver… Réfléchis-y la prochaine fois que tu te donneras à lui. Pense à ce couteau entre ces mains et dis-toi qu'un jour, il l'enfoncera dans ta chair par jalousie ou seulement par pur caprice... Il n'est pas comme toi et moi, Anthéa. Nicias est un sauvage, un barbare sanguinaire élevé dans un peuple aussi sanglant que lui... Typiquement Crêtois. »

Un soupir exaspéré s’échappa de ses lèvres.

« Pardonne-moi de te fausser compagnie et te laisser seule avec le Crêtois, mais j’imagine que tu n’as aucune envie de faire face à Hadès et ses tribunaux… Et c’est aussi mon cas. »

Il plissa des yeux en suivant Nicias qui tournait autour de lui comme un vautour, puis poursuivit toujours à voix basse :

« Je vais te laisser la vie sauve. Au compte de trois, je lâcherai prise et m’enfuirai. Je compte sur toi pour retenir le bras de ton maître qui serait bien capable de m’envoyer l’un de ses poignards dans le dos… Je te rends à lui indemne. Tu me dois bien ça, non? Alors, prête? »

Il tendit les muscles dans ses jambes, prêt à prendre la fuite au premier moment.

« Trois… Deux… Un… »

Atreides ne put jamais mettre son plan à l’œuvre, car à peine ses doigts se détendaient-ils contre le manche du sabre qu’il sentit un énorme choc à l’arrière de son crâne. Une douleur intense et aveuglante un instant, puis plus rien. Le noir complet. Il tomba à genoux, puis s’effondra sur le sol dans un bruit sourd, son sabre résonnant contre le sol avec fracas.
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Nicias
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Jeu 1 Sep - 3:29

Nicias n'avait bien entendu aucune envie de provoquer la mort d'Anthéa, autrement la situation aurait été reglée depuis longtemps.
En même temps il ne pouvait se permettre de perdre la face devant un esclave, et de s'humilier pour réclamer la libération d'Anthéa, il était Crétois, et jamais les Crétois ne s'humiliaient devant personne...

Tout ceci n'était que stratégeme, et ruse, il était Nicias réputé pour sa ruse et ses coups tordus, il était passé maître dans l'art de destabiliser l'adversaire, il n'attendait qu'une faute, qu'une erreur pour frapper. Son ballet de charognard faisait partie de cette ruse, en maintennant constamment son adversaire dans le doute...

Il sentait peu à peu la résolution de l'esclave fondre, mais il s'abstenait de tous relachements, une bête affolée est une bête dangereuse capable de tout...

D'ailleurs il fut à peine surpris de voir qu'Atreides tentait de retourner Anthéa contre lui, un aveu de faiblesse...

Alors qu'il allait pour répondre aux propos d'Atreides, son regard percant percu une fugace silouhette au loin, il l'ignora volontairement, il ne voulait pas attirer l'attention d'Atreides, mais il était sûr d'avoir reconnu l'homme qu'il avait rencontré sur la plage lors de la Nuit d'Encre. Si cela se confirmait, il entrevoyait une solution à cette pénible affaire, mais loin de relacher, il continua sa danse, et ajouta en invectives:


" Ne le crois pas Anthéa ! Comment croire un homme qui pour se protéger de sa propre lâcheté prend une femme sans défense en otage ? La parole d'un couard de son éspèce ne vaut rien, il te trompe avec ses belles paroles ! Je suis un barbare mais comme tout barbare j'ai un code d'honneur, lui n'a même pas ça, il n'est qu'un assassin lâche ! Qu'il ose venir m'affronter d'homme à homme plutôt que de se cacher, qu'il montre qu'il mérite son nom d'homme... "

Et son invective se poursuivit, ne relachant jamais du regard Atreides, ses couteaux prêt à jaillir à chaque instant, il savait pourtant désormais que Lysandre se préparait à frapper...
Il feignit pourtant de rien voir, il feignit de ne pas voir le vol de l'objet, par contre une fois Atreides touché, il bondit sur sa proie comme un félin...

Son premier geste fut de récuperer son sabre qu'il s'empressa de rengainer, puis il se jeta à genoux auprès d'Anthéa, il constata qu'elle était blessée, et qu'elle avait besoin de soin d'urgence...

Se redressant à toute vitesse, il se tourna vers Lysandre, et fit
:

" Je te dois une reconnaissance éternelle citoyen, merci... "

Observant à nouveau Anthéa, il conclu qu'il devait à toute vitesse mettre la main sur un guérisseur, il savait que l'un d'entre eux se trouvait près de la rivière. Il avait besoin du galop puissant de Souffle d'Ombre. Mais il ne pouvait laisser Anthéa se vider ainsi de son sang, et Atreides que faire si cette bête féroce se réveillait avant son retour ?

Il devait prendre des décisions rapides, ce qu'il fit :


" Citoyen Lysandre j'ai un autre service à te demander, prends ce couteau " fit-il en lui jetant un des couteaux à lancer " et profite de son étourdissement pour mettre cette bête féroce au cachot, moi je vais chercher un guérisseur..."

Il se dirigea ensuite d'un pas leste en direction de l'écurie.

Une fois dans l'écurie, il détacha Souffle d'Ombre, et le monta à crue, et le lanca au galop vers la maison du guérisseur, il traversa en trombe le jardin, et ne fut rapidement plus qu'un point au loin.

[La riviére]
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Lysandre
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Jeu 1 Sep - 20:12

Lysandre resta un moment figé. Il n'avait rien commis de grave. Il s'était contenté de mettre hors de combat un homme qui, autrement aurait pu blesser une femme sans défense. Et pourtant, il restait subjugué par la violence de son acte. Il avait mis toutes ses forces dans le coup. Grâce à Athena, les côtes de l'esclave se gonflaient encore d'air. Il respirait.
Il leva sur Nicias un regard froid. "Reconnaissance éternelle"... une parole qui semblait étrangement déplacée en cette circonstance mais également dans la bouche de cet homme à l'allure si arrogante. Il eut cependant été fort grossier de ne pas répondre, aussi le rôtisseur inclina-t-il brièvement la tête.
L'instant d'après, le Crétois avait déguerpi, le laissant avec un couteau et deux esclaves, l'un inanimé, l'autre en état de choc. Lysandre jura. Voilà où son honnêteté l'avait mené !


*A sauver une vie.*

Le jeune homme ignorait ce qui se passait en lui. Il ne savait s'il éprouvait de la fierté, du soulagement où de la colère. Mais le moment était mal choisi pour ce genre de réflexions.
L'esclave grec semblait sérieusement sonné et ne reprendrait sûrement pas conscience avec un certain temps. Tant mieux. D'un geste rapide, Lysandre ramassa la tunique d'Anthéa et, en s'aidant du couteau qui lui avait été remis, tailla une large bande de tissu avant de recouvrir la jeune fille de ce qui restait de son vêtement. Il lui tendit ensuite le morceau qu'il avait prélevé.


"Enroule vite ça autour de ton cou."

La blessure n'avait pas l'air trop sérieuse mais Nicias avait peut-être raison, un guérisseur pourrait s'avérer utile.
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Anthéa
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Sam 3 Sep - 23:01

Anthéa vit à peine Nicias se pencher au-dessus d'elle. Se croyant toujours en danger, elle leva ses bras devant son visage pour se protéger. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était par terre ni ce qui s'était passé.

Toujours pâle et tremblante, elle enleva les bras de son visage lorsqu'elle sentit qu'on recouvrait son corps d'un tissu.

Levant les yeux vers la personne qui lui parlait, elle reconnut le rôtisseur, se demandant ce qu'il faisait ici. Elle se redressa, resserrant maladroitement sa tunique autour d'elle avant de prendre fébrilement le morceau de tissu que lui tendait Lysandre.


"Je me suis coupée..? C'est ennuyeux... je dois.. je dois préparer le banquet... il va y avoir beaucoup de monde... C'est important..." dit-elle désorientée, le souffle saccadé et les yeux grands ouverts en regardant autour d'elle.
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Lysandre
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Lun 5 Sep - 1:17

Lysandre soupira, l'air profondément ennuyé. Il aurait du s'y attendre. Ce qu'avait vécu Anthéa avait eu raison de sa fierté et de son calme. Il y avait de quoi, à vrai dire. De son ton le plus mesuré, le jeune homme commença à parler, lentement, afin de ne pas l'effaroucher encore davantage.

"Anthéa, tu as été danger, mais c'est terminé à présent. Je dois mettre l'homme qui t'a agressé dans le cachot de ton maître, afin qu'il ne se venge pas quand il se réveillera, d'accord ? Ne t'en fais pas pour le banquet, il y a encore tout le temps, et je suis venu pour aider. Tu me reconnais ? Lysandre, le rôtisseur ?"

Les yeux grand ouverts, il fixa la jeune esclave d'un regard presque implorant. Il n'éprouvait aucun ressentiment envers Atreides. Lui au moins avait eu le courage de ses opinions et de ses choix... mais voir Anthéa dans cet état lui causait une douleur aiguë au creux de l'estomac.

"Anthéa, j'aurais besoin que tu me dises ou se trouve le cachot, s'il te plaît, c'est important."
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Mer 7 Sep - 14:12

La voix calme et lente de Lysandre lui expliquant la situation sortit lentement Anthéa de sa torpeur. Se mordant la lèvre nerveusement, elle acquiéça à toutes ses questions en posant son regard sur Atréides étendu au sol. Oui, elle était d'accord pour le mettre dans le cachot, oui elle avait encore du temps pour le banquet et oui, elle reconnaissait le rôtisseur, cet homme qu'elle appréciait énormément. Elle comprenait alors tout doucement ce qui s'était passé, Lysandre avait assomé Atréides en arrivant par derrière. Il l'avait sauvé... Elle doutait que Nicias y serait parvenu seul.

"Oui..." dit-elle tout bas. "Le cachot est là-bas..." finit-elle en montrant du doigt le petit édifice non loin de l'écurie. Elle porta à nouveau son regard sur Atréides, se demandant comment il avait pu en arriver là puis sur Lysandre qui venait de gagner un cran de plus dans son estime déjà bien élevée.
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Lysandre
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Ven 9 Sep - 11:19

Avec un dernier geste rassurant à l'égard d'Anthéa, Lysandre se dirigea vers le corps encore inanimé d'Atreides. L'esclave n'avait pas l'air spécialement lourd, et le trajet jusqu'au cachot n'était pas trop long... Mais mieux valait éviter de prendre des risques. Le grec semblait avoir une vitalité impressionnante, et s'il se réveillait alors qu'il n'était pas encore enfermé...
Après un instant de réflexion, le rôtisseur décida de ne pas charger Atreides sur son épaule, comme il l'avait prévu à l'origine, mais de le porter dans ses bras. En cas de réveil, il aurait ainsi le temps de le maîtriser. Il le souleva sans trop de mal et, d'une démarche chancelante, se dirigea vers le cachot.
Son esprit semblait s'être figé. Plus rien n'avait d'importance, il devait enfermer l'esclave. Une fois ceci fait, il pourrait laisser libre cours à ses sentiments... Ses sentiments qui se pressaient à la porte de sa conscience et qui laissaient passer, de temps à autres, quelques mots.


*C'est ta faute. Il se fera frapper. Par ta faute*

[Le cachot]
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Lun 12 Sep - 23:06

Regardant Lysandre porter Atréides jusqu'au cachot, Anthéa s'efforça de remettre ses idées au clair. Déjà elle regrettait de s'être laissée aller devant le rôtisseur, qu'allait-il penser d'elle ? Elle frotta son visage pour reprendre ses esprits.

Qu'allait-il arriver à Atréides, elle n'avait pas particulièrement d'antipathie pour lui mais il lui avait rèellement fait peur. Anthéa prit appui sur ses jambes et se releva, encore chancelante pour s'appuyer contre un arbre en attendant le retour de Lysandre.


*Où est passé Nicias...?* Dans son état second, elle ne l'avait pas vu partir. Soupirant, elle espérait que tout ceci n'était qu'un cauchemar et qu'elle allait bientôt se réveiller. Elle reprit le tissu que lui avait donné le rôtisseur et le plaqua sur son cou. Cela ne faisait pas vraiment mal mais ça piquait un peu.
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Dim 25 Sep - 19:03

[Le cachot]

Lorsqu'il ressortit du cachot, Lysandre eut sa première bonne surprise depuis plusieurs heures : Anthéa semblait tout à fait rétablie, bien qu'encore pâle, jugea-t-il. Le tissu qu'elle maintenait contre sa gorge semblait à peu près sec. C'était tant mieux. La lame n'avait pas du faire autre chose qu'effleurer la peau. Il l'aurait volontiers expliqué à Nicias si celui-ci ne s'était pas précipité hors de son domaine. Cet homme était définitivement difficile à cerner.

Arborant un sourire tout ce qu'il y avait de plus sincère, il se dirigea vers l'esclave. Le cauchemar était en train de prendre fin. L'esclave agresseur était en lieu sûr, et Anthéa était sauve.

*Alors pourquoi ai-je mauvaise conscience ?*

D'un signe de la main, il signala sa présence à la jeune femme.

"Heureux de voir que tu vas bien. Tu n'as pas trop mal ? Que te voulait cette homme ?"
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Lun 26 Sep - 11:51

Anthéa aperçut Lysandre sortir du cachot où il avait déposé Atréides. Elle le regarda s'approcher et lui fit un léger sourire.

"Non je.. je vais bien... merci de m'avoir sortie de cette situation, Nicias voulait me tuer non ? Je n'ai pas compris... Comment va Atréides ? Je ne crois pas qu'il me voulait vraiment du mal mais, il s'est heurté à l'orgueil de Nicias et... c'est ma faute." dit-elle, enfouissant son visage dans ses mains.

"C'est moi qui ait acheté Atréides, mais je ne voulais pas... je n'ai pas eu le choix et je n'aurais pas du prendre un homme connaissant le caractère de Nicias... Je voulais de l'aide à la villa et j'ai pensé comme il était fort... mais c'est ma faute." dit-elle en sortant un peu en désordre tout ce qu'elle avait sur le coeur.
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Ven 30 Sep - 8:31

Lysandre resta debout aux côté d'Anthea, les bras le long du corps. A nouveau, quelqu'un sollicitait son aide, et, à nouveau, il se trouvait pris au dépourvu. Il n'avait jamais été particulièrement doué pour ce genre de choses. Certes ses parents avaient été des gens aimants mais, comme tous les parents de l'île, ils s'étaient montré parcimonieux dans leurs effusions... Jusqu'à leur mort. Et, après cela, Lysandre avait vécu en solitaire. Pourtant, quelque chose en lui se révoltait à la simple pensée de laisser l'esclave seule à sa détresse. La voix un peu hachée par l'hésitation, il lui répondit :

"Le travail d'un esclave n'est jamais simple. Tu connaissais Nicias, certes, mais pas le caractère de cet homme. D'autre part tu t'es trouvée seule à une vente d'esclave. Tu as fait ce que tu as pu et personne ne pourra t'accuser de quoi que ce soit."

Le jeune homme s'assit à terre et arracha distraitement une poignée d'herbe sèche qu'il roula entre ses doigts et jeta au vent. Quelque chose n'allait pas. Anthéa n'était pas femme à se laisser abattre aussi facilement, même dans une situation aussi difficile. Après de longues secondes de silence, il reprit :

"Il s'est passé quelque chose d'autre pendant leur confrontation. Je me trompe ? Il t'a insulté, blessé ?"
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Anthéa
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Sam 1 Oct - 19:07

Anthéa était rassurée d'avoir la présence du rôtisseur à ses côtés. Peut-être aurait-elle aimé qu'il la prenne dans ses bras mais qu'il soit là était déjà bien.

Il la rassurait en lui disant que ce n'était pas desa faute. Anthéa acquiéça et sembla se calmer un peu, reprenant une respiration normale et apaisée.

Elle le regarda s'asseoir dans l'herbe. A sa question, elle resta silencieuse de longues secondes avant de tenter d'expliquer.


"Non, il ne m'a pas insultée, ni blessée." dit-elle en enlevant le bout de tissu qu'elle tenait contre sa gorge. Cette entaille n'était pas de la faute d'Atréides.

"C'est juste que... Nicias a eu une réaction que je ne comprends pas. Il a dit.. il a dit qu'il préférait ma mort plutôt que son honneur soit souillée. Il m'aurait tuée si Atréides ne m'avait pas lâchée je... je croyais qu'il avait un petit plus de considération pour moi."

Anthéa frotta son visage de sa main comme pour chasser les images d'un cauchemar particulièrement tenace.

"S'il te plait, aide-moi à rentrer dans la villa."
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Lysandre
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MessageSujet: Re: Le Jardin   Mar 11 Oct - 19:35

Les mots que prononcèrent Anthéa jetèrent un voile dur sur le visage de Lysandre. Laisser mourir Anthea plutôt que de perdre son honneur... laisser un fils attaché à une bâtisse plutôt que de contrarier les dieux... Même si le moment n'était pas des mieux choisis, une vague de rancoeur submergea le rôtisseur. Lorsqu'il parla, ce fut sans aucun égard pour celui qui, après tout, était le propriétaire de la jeune femme :

"Sa froideur n'est même pas exceptionnelle... c'est une marque de lâcheté ordinaire crois-moi. Quelle âme vaillante, ce fier guerrier crétois !"

Lorsque le jeune homme se rendit compte de ce qu'il venait de dire, les mots avaient déjà fini de résonner dans l'air. Essayant d'adopter une contenance plus digne, il tendit le bras à Anthéa.

"Appuie-toi sur mon bras. Si tu te sens faible, je peux te porter, que préfères-tu ?"
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