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| Auteur | Message |
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Iry-Hor Guérisseur

Nombre de messages: 228 Localisation: Admin Date d'inscription: 03/12/2004
 | Sujet: Re: Le Cachot Dim 27 Nov - 5:36 | |
| Mortifié par le rire du grec, Iry-Hor sentit tout son corps crispé trembler de colère. Sekhmet à qui il avait voué son existence venait de le trahir en soulageant la douleur de son adversaire. Il tenta d'échapper encore au bras qui l'enserrait et fixa son regard haineux dans les yeux bruns. N'y tenant plus, il cracha au visage de l'homme. "Tu n'as rien que Sekhmet doive prendre en pitié pour te soulager ! Tu n'es qu'un barbare sans grâce et sans intelligence, à peine bon à nettoyer le sol sur lequel je pose le pied. Chez moi tu aurais été jeté dans une fosse et oublié à tout jamais pour avoir osé rire de moi." Il se mordit les lèvres au sang. Un enfant, il se comportait comme un enfant et s'en rendait compte, se haissant pour cela. Il ne comprenait pas pourquoi la proximité de cet homme, répugnant et grossier, lui faisait perdre son habituel sang froid. Baissant la tete d'un mouvement brusque il dégagea son menton de la main qui le maintenait et planta profondément ses petites dents pointues dans la chair tendre de la paume. Aussitôt le goût acre du sang lui emplit la bouche et il cracha une nouvelle fois au visage de l'athénien. Sur le sol, un rai de lumière frappa le couteau luisant dont il se servait habituellement pour sa médecine et qui avait dû tomber de son sac ouvert à quelques pas. L'image de la lame taillant dans la chair du grec le fit saliver et ses yeux s'étrécirent. Qu'il le laisse seulement s'en approcher et plus jamais son rire moqueur de résonnerait en sa présence. Il mit tout son élan dans le coup de genou qu'il remonta entre les jambes de l'esclave et profitant de la surprise se jeta au sol pour atteindre l'arme sur laquelle il referma la main. |
|  | | Atreides Esclave

Nombre de messages: 50 Date d'inscription: 27/05/2005
 | Sujet: Re: Le Cachot Dim 27 Nov - 6:24 | |
| L’indignation du guérisseur ne fit qu’augmenter l’hilarité d’Atreides. À présent qu’il se savait protégé des Dieux, il pouvait affronter les obstacles placés sur sa route sans crainte… et il ne comptait certainement pas le petit égyptien comme un obstacle à la réussite de ses projets, tout au plus, un divertissement passager qui avait réussi, par un procédé mystérieux, à atténuer sa douleur. L’Athénien s’apprêtait à répliquer à cette petite teigne qui continuait de s’agiter lorsque la petite teigne en question lui mordit la main. Il ne put retenir un grognement de douleur et relâcha momentanément sa prise sur le garçon. Ce soudain retournement de situation était loin de lui plaire. Il avait réussi à reprendre le contrôle de lui-même et faire perdre le sien à Iry-Hor et souhait continuer dans cette voie. Il essuya la salive qui lui avait été crachée au visage d’un revers de main, abaissant sa défense pour un moment qui lui fut fatal.
Les dents serrées, l’esclave tomba à genoux, la douleur vive l’empêchant de rester debout. Il vit l’égyptien passer devant lui pour se ruer vers un point bien précis. Il tourna alors la tête pour apercevoir un couteau gisant contre le sol… un couteau qui se retrouva entre les mains de son adversaire dans l’instant qui suivit. Il avait survécu à l’assaut du rôtisseur, il ne finirait tout de même pas égorgé par ce gringalet, cousin des Perses! Atreides se lança sur le garçon, le plaquant sur le sol. Il lutta un moment contre lui, mais sa force étant supérieure, il arriva à forcer son opposant à relâcher son arme en tordant cruellement son poignet.
Le Grec récupéra promptement le couteau qu'il prit dans une main, utilisant la seconde pour emprisonner les poignets d'Iry-Hor. Un sourire aux lèvres, il fit glisser la pointe de la lame sur les côtes du garçon pour ensuite descendre jusqu’à ses hanches, sectionnant au passage le tissu de son pagne, puis atteignit ses cuisses, les effleurant sans jamais entailler la peau dorée. Atreides remonta l’arme au niveau de la gorge de l'égyptien où il fit une coupure, juste assez profonde pour que perlent quelques gouttes de sang. Il les fit disparaître d’un coup de langue taquin.« Tu m’amuses, serviteur de Sekhmet. Tu me rappelles que, tout comme les Grecs, les fils d’Égypte agissent plus qu’ils ne pensent… » Il appuya le couteau contre la joue de son interlocuteur, le dévisageant avec un sourire satisfait.« Et maintenant? Que dirais-tu de nettoyer le sol sur lequel je pose le pied? À moins que tu ne préfères baiser directement mon pied comme n’importe quel adorateur de Baal? » |
|  | | Iry-Hor Guérisseur

Nombre de messages: 228 Localisation: Admin Date d'inscription: 03/12/2004
 | Sujet: Re: Le Cachot Dim 27 Nov - 23:08 | |
| La main d'Iry-Hor s'était à peine refermée sur le couteau que l'esclave se jeta sur lui, l'écrasant sous son poids. Coincé sous le corps musclé de l’athénien, il ne put retenir un cri mêlé de surprise et de douleur. Les dents serrées de colère, il lutta pour conserver l'arme, seule issue de secours dans sa position vulnérable, mais la forte poigne qui lui tordait le bras lui fit lâcher prise. Immobilisé, les mains ramenées au dessus de la tête, le sang se glaça dans ses veines quand le fil de la lame glissa sur sa peau dorée. Il sentit le tissu de son pagne céder et se mordit les lèvres. Que cherchait l'athénien ? Voulait-il seulement l’intimider ou était-il de ces érastes qui prenaient plaisir à dominer les garçons plus jeunes ? La lame vint entailler sa gorge de la même manière que ce qu’avait subi Anthéa un peu plus tôt. Il pensa sa dernière heure venue jusqu'au moment où le contact chaud de la langue de l'homme sur la blessure qu'il venait de lui infliger lui fit écarquiller les yeux. Lentement, son esprit s'éclaircit et il entrevit une issue à la situation qu'il subissait.
Sans geste brusque, il replia sa jambe fine et l'enroulant doucement autour des reins de l'homme, l'attira contre lui dans un mouvement lascif pendant que ses doigts se mêlaient à ceux qui le retenaient, glissant lentement sa peau mate contre celle de son adversaire. Evitant de penser au couteau sur son visage, il adoucit ses yeux et coula sous ses paupières fardées un regard enjôleur. Dans sa voix au timbre caressant, aucune trace d'agressivité ne perça. "C'est cela que tu veux, Atreides ? Les éphèbes d'Athènes te manquent ?" |
|  | | Atreides Esclave

Nombre de messages: 50 Date d'inscription: 27/05/2005
 | Sujet: Re: Le Cachot Mar 29 Nov - 4:45 | |
| Atreides savourait le sentiment de puissance que lui procurait la présente situation. Après tout, quoi de plus grisant que d’avoir la vie d’un homme dans le creux de sa main? C’était encore plus jouissif que de savoir la destinée d’un peuple entre ses mains car, malgré le pouvoir qu’on en retirait, cette sensation était bien moins tangible, réelle, voire même intime que de tenir un couteau contre la gorge de son adversaire, de se savoir capable de lui retirer la vie d’un seul geste bien simple. Ne suffisait que d’exercer une pression plus forte, entailler la peau, puis sectionner les tissus…
Le Grec s’était attendu à un éventail de réactions de la part du guérisseur : la peur, la panique, la rage… mais certainement pas ce qui se produisit. Ses yeux en amande s’agrandirent lorsqu’une jambe se referma autour de sa taille, forçant à presser son bassin contre le corps menu du garçon. Pire, ces doigts qui, plutôt que d’essayer de se dégager, caressaient les siens, qui tentaient de demeurer aussi impitoyables, refusant de s’abandonner à ce si agréable toucher… L’esclave déglutit quand, plutôt que de s’emplir de frayeur, les yeux d’Iry-Hor se firent charmeurs, éveillant un feu ardent dans son corps.
Le brave, le vaillant, le courageux et sans peur Ulysse face à une créature armée des charmes de la sorcière Circée et d’une voix aussi envoûtante qu’une sirène.
Le brave, le vaillant, le courageux et sans peur Ulysse avait aussi succombé aux délices de Circée. Et s’il n’avait pas rejoint les sirènes, c’est qu’on l’avait ligoté à son mât pour ne point qu’il puisse répondre à leurs appels. Se retrouvant démuni devant cette situation pour le moins inattendue, sans aucune entrave morale comme physique, Atreides s’abaissa et prit les lèvres de l’égyptien dans un baiser sauvage, presque possessif.
Le souffle court, l'Athénien releva la tête et dévisagea son captif d'un air confus. Que venait-il de faire? Avait-il vraiment embrassé le guérisseur? Son désarroi se mua bien vite en fureur. Il avait encore été abusé par l'un des sortilèges de cet étranger au regard troublant! Sa main se crispa autour du couteau. Se redressant de façon à ce qu'il se retrouve assis contre le ventre du jeune homme, Atreides releva en l'air son poing refermé autour de l'arme. " C'est un autre jeu, c'est ça, égyptien? Ou bien est-ce là une coutume de ton peuple que de te déshonorer ainsi? " Ses joues étaient rougies par la colère, mais également par cette passion que savait déchaîner en lui ce garçon insignifiant, qu'il commençait à trouver de plus en plus dérangeant. |
|  | | Iry-Hor Guérisseur

Nombre de messages: 228 Localisation: Admin Date d'inscription: 03/12/2004
 | Sujet: Re: Le Cachot Mar 29 Nov - 20:53 | |
| La statisfaction d'avoir vu juste dans la personnalité du grec aurait fait sourire Iry-Hor si une autre sensation n'avait pas pris le pas sur le sentiment de victoire. Le trouble qu'avait ressenti l'homme à son contact le gagnait à son tour. Et c'était une chose qu'il n'avait pas du tout prévue.
Ses yeux s'écarquillèrent sous le baiser brutal que lui donna l'esclave et il ne put s'empécher de le lui rendre, de la même manière violente, affamée et sans tendresse. Quand Atreides se redressa, le guérisseur chercha un instant son souffle que le baiser lui avait fait perdre, passant un doigt incrédule sur ses lèvres meurtries. Puis il leva les yeux vers l'homme et sa position, son visage où la colère et le trouble se mélaient, le couteau levé, menaçant, lui firent reprendre ses esprits en une seconde.
Il leva lentement la main et la posa sur le bras du grec, laissant glisser ses doigts jusqu'à son poignet où il fit une pause. Dans la vie qui pulsait là, il sentit le coeur de son adversaire battre la chamade.
L'égyptien plongea son regard adouci dans les yeux bruns et sa voix eut un goût de tristesse étonnée quand il prit la parole. "Pour quelques mots que j'ai dits et le baiser que tu m'as pris, tu vas me tuer Atreides ?" Sans détourner les yeux, il remonta sa main sur le poing serré et referma à son tour les doigts, logeant la lame au creu de sa paume. "Pour mon déshonneur ou pour le tien ?" Murmura-t-il. |
|  | | Atreides Esclave

Nombre de messages: 50 Date d'inscription: 27/05/2005
 | Sujet: Re: Le Cachot Sam 3 Déc - 6:50 | |
| Atreides n’arrivait à calmer cette haine bouillante à l’intérieur de lui, consumant son être entier comme un véritable brasier. Il se sentait dévoré par cette rage qui l’obligeait à ne jamais baisser la tête, à ne jamais s’excuser, plier l’échine ou faire preuve de douceur, l’encourageant plutôt à user de violence dans chacun de ses actes. Il ne pouvait expliquer cette agressivité naturelle qui faisait de lui un être si dangereux, lorsque hors de contrôle. Petit, il se souvenait avoir battu presque à mort un autre enfant qui s’était moqué de ses traits de ‘métèque’. Plus tard, c’était par la parole qu’il avait détruit ses rivaux, bien qu’il ait encore recours aux poings quand le conflit s’envenimait. Puis, sa position d’influence lui avait permis d’employer des moyens plus fins de se débarrasser de ses ennemis. À présent qu’il se retrouvait au niveau d’esclave, il ne lui restait que sa force et son orgueil si facilement piqué pour se défendre face aux obstacles.
Peut-être n’avait-il seulement pas compris que cette colère qui l’animait était la raison de sa chute, la cause de son emprisonnement dans ce cachot, le pourquoi il se retrouvait au-dessus d’Iry-Hor, un couteau à la main. Peut-être aussi ne le réaliserait-il jamais et poursuivrait-il dans son ignorance jusqu’à ce qu’il soit forcé d’ouvrir les yeux ou que son inconscience le mène tout droit vers sa propre destruction, un processus déjà enclenché.
L’Athénien se retrouvait tiraillé entre son désir et sa fureur, cette main à l’aspect fragile refermée autour de la lame de son arme, ne lui offrant aucune résistance en geste de défi ou de paix, et sa propre main, réclamant vengeance, souhaitant que le sang soit coulé pour que soit lavé son honneur. Ce furent finalement ces yeux verts et cette voix douce qui eurent raison de lui. Un gémissement d’animal blessé s’échappant de ses lèvres, l’esclave se pencha de nouveau pour embrasser son adversaire, cherchant sa bouche avec une urgence teintée de désespoir. Son premier baiser fut aussi brutal que le précédent… mais le second fut presque doux, hésitant, alors que sa langue caressait les lèvres que ses dents avaient meurtries un instant plus tôt et que ses mains, ayant abandonné toute pensée belliqueuse, explorait ce corps qui leur était offert.
Mille sensations envahissaient le corps du jeune homme : plaisir, soulagement, espoir, mais aussi, la honte, le fil conducteur de sa hargne, qui ne tarda pas à refaire surface. S’immobilisant soudainement, le Grec fronça les sourcils et se redressa subitement, toute tendresse désormais disparue de son visage pour être remplacée par cette haine si familière. Encore! Encore une fois il avait cédé, encore une fois il s’était laissé prendre dans les pièges de ce sorcier. Encore, il avait failli. Tout ça, à cause de cet Iry-Hor, mais aussi du Crêtois, d’Anthéa, du marchand, du rôtisseur et de Miclès! Des archontes, des autres stratèges, de son père comme sa mère! Il leur montrerait, oh que oui, il saurait leur montrer de ce dont il était capable. Si toute sa vie, il avait rêvé de puissance et de gloire, c’était pour leur montrer qu’il pouvait très bien se débrouiller sans eux, qu’il n’avait besoin de personne pour réussir et devenir le meilleur… Et ce n’était certainement pas ce guérisseur de pacotille qui allait le convaincre du contraire!
Des larmes de rage dans les yeux, Atreides empoigna le garçon par les cheveux tandis que son poing s’enfonçait dans le creux de son estomac, l’envoyant voler contre le mur. Il fondit sur lui, le prenant de nouveau à la gorge.« Pourquoi, égyptien? s'exclama-t-il. Les dieux t’ont-ils envoyé pour me faire perdre la raison? Qui es-tu? Qu’attends-tu de moi? s’enquit-il, sa voix se réverbérant contre les murs de pierre. Je suis faible, est-ce que c’est ce que tu veux entendre? Je n’ai plus d’honneur, on me l’a volé le jour où on m’a fait esclave! Était-ce cet aveu que toi, que vous désiriez tant? ? » Il resserra sa poigne, les dents serrées, ses yeux noirs devenus opaques. « Mais… Peu importe ce qui arrivera… Je ne baisserai pas la tête, m’as-tu compris? Je ne les laisserai jamais m’avoir. Plutôt mourir, je mourrai avant d’avoir mis un genou en terre devant aucun d’eux! Qu’ils me fouettent, me battent, me mettent aux fers, brisent mes membres ou m’envoient dans un bordel! » Son coeur battait à toute vitesse au rythme de sa colère, il lui semblait que son être entier brûlait. « Je. Ne. M’inclinerai. JAMAIS! » rugit-il.
Lentement, sa prise s'affaiblit alors que son corps commençait à être agiter de tremblements, cette fois-ci, causés par autre chose que sa fureur dévastatrice. « Jamais, » répéta-t-il, d'une voix sourde, sa main glissant du cou d'Iry-Hor pour tomber à plat sur le sol. |
|  | | Nicias Notable

Nombre de messages: 140 Date d'inscription: 06/12/2004
 | Sujet: Re: Le Cachot Mer 18 Jan - 3:37 | |
| [Portique] C'est sombre, et plongé dans ses réflexions que Nicias parcourut la distance entre le portique et le cachot, la conduite à adopter le laissait perplexe. Il maudissait les terriens et leur pudibonderie, il n'y avait pas à se poser de telles questions avec cet esclave, c'était un mutin, et il devait être puni en conséquence par la mort...
Il n'eut pas un mot, ni même un regard pour Lysias, il avait trop à faire avec sa propre conscience pour s'en soucier.
Mais une surprise de taille l'attendait une fois devant le cachot.
A l'intérieur se trouvait à la fois la "bête féroce", et Iry-Hor. Un Iry-Hor qui semblait sous la menace d'Atreides. Une situation qui provoqua une bordée de juron marin de la part de l'ancien capitaine...
Il n'y avait pas de temps à perdre, faisant glisser son sabre hors de son fourreau, il fit à Lysias :"Je crains avoir besoin de ton aide citoyen, quelqu'un vient de se jetter dans les griffes du monstre..." |
|  | | Lysias Notable

Nombre de messages: 40 Date d'inscription: 07/06/2005
 | Sujet: Re: Le Cachot Mer 18 Jan - 14:17 | |
| [le portique] La bordée d'injures de Nicias avait brusquement ramené Lysias bien des années en arrière du temps où lui-même avait passé plusieurs années sur un bateau. Malheureusement le temps n'était pas aux souvenirs.
Lysias ne savait absolument pas quoi faire physiquement, il n'allait quand même pas se précipiter sur l'esclave, cela risquerait de l'abîmer (lui, pas l'esclave).
Mais son esprit biscornu travaillait déjà et venait de lui envoyer en un instant tout un réseau d'images destinées à l'aider à prendre une décision : Atréidès marchant à côté d'Anthéa, "un athénien" disait le marchand, un vague sentiment de déjà-vu, le mouvement de tête qu'il avait eu lorsqu'il avait paru devant les acheteurs, la chaîne, la main d'Atréidès posée à côté du cou de l'Egyptien...
Restant à une distance raisonnable, vérifiant que sa dague était accessible dans les plis de sa toge, Lysias, toujours dans l'encadrement de la porte, le soleil brillant derrière lui, s'adressa directement à Atréidès, d'une voix douce mais ferme, presque impérieuse et pleine de reproche."Athénien ! Tu laisses la captivité faire de toi une bête violente et sans esprit ?" |
|  | | Iry-Hor Guérisseur

Nombre de messages: 228 Localisation: Admin Date d'inscription: 03/12/2004
 | Sujet: Re: Le Cachot Mer 18 Jan - 20:25 | |
| Le baiser d'abord, les coups ensuite, firent qu'Iry-Hor ne sut plus pendant un moment où il se trouvait. Envoyé contre le mur et retenu par la main puissante qui l'étranglait il eut brievement conscience de l'absurdité de la situation. Cet homme qu'il était venu soigner, puis qu'il avait insulté en toute connaissance de cause et qui finalement s'avérait être beaucoup moins intéressant qu'il ne l'avait cru de prime abord, cet homme là l'étranglait en le regardant dans les yeux. Il accrocha de ses doigts fins la poigne dure pour tenter de la desserrer mais rien n'y fit. Puis, brusquement, alors qu'il était sur le point de perdre connaissance, un voile rouge déjà devant les yeux, le grec le lacha et il chut sur le sol comme un tas de chiffons abandonnés.
Le nez dans la poussière, il ramena ses jambes sous lui et chercha son souffle enfui. Il n'eut que vaguement conscience de l'arrivée des deux hommes, un bruit de pas et des voix qui résonnèrent confusément dans son esprit embrumé. |
|  | | Atreides Esclave

Nombre de messages: 50 Date d'inscription: 27/05/2005
 | Sujet: Re: Le Cachot Mar 7 Fév - 0:09 | |
| Le souffle court, Atreides était demeuré debout, les poings serrés, son corps tremblant d’une colère à peine contenue. Il n’accordait plus aucune attention à Iry-Hor, affalé contre le sol, trop fiévreux, trop agité. Il revoyait devant ses yeux cet esclave qu’il avait battu à mort dans un accès de fureur, après que celui-ci lui eût manqué de respect, ou bien encore, ce garçon qu’il avait grièvement blessé en s’entraînant à la lutte lorsque ce dernier l’avait surpassé. Il observa ses mains avec perplexité. Lui qui croyait en la force de l’esprit, en le pouvoir infini de la connaissance, il n’arrivait à s’expliquer cette violence qui semblait jaillir de lui chaque fois que son orgueil était bafoué.
L’Athénien en était à ce point dans ses réflexions lorsqu’une voix qu’il avait déjà appris à haïr le tira brusquement de ses pensées. Il fit volte-face, repérant le couteau abandonné sur le sol. Il fronça les sourcils en voyant que Nicias était accompagné d’un deuxième homme. Un Phénicien, à en juger par son apparence, et pas des plus féroces, si on continuait à se fier à son physique. Que faire? Désarmé face au Crêtois qui avait déjà tiré son sabre hors de son fourreau, en infériorité numérique devant ces deux hommes ainsi que le guérisseur, s’il retrouvait ses esprits… Sa situation n’était pas des plus brillantes. Il pouvait bien entendu tenter de récupérer l’arme par terre et tenter à nouveau de marchander en prenant l’Égyptien en otage, mais il avait pu constater plus tôt que Nicias n’avait aucun scrupule à sacrifier la vie d’autrui. S’il n’avait même pas essayé de sauver Anthéa, qu’il semblait fort apprécier, quelle valeur pourrait bien représenter Iry-Hor? User de la force ne semblait décidément pas la solution, mais y avait-il un échappatoire au sort qui l’attendait certainement aux mains de ce barbare de Crêtois?
Plongé dans un profond dilemme, ce fut finalement le curieux Phénicien qui le tira d’embarras par sa question. Il paraissait prêt à parlementer et faisait déjà preuve de plus de considération envers lui que le sauvage brandissant son sabre. Atreides n’aimait pas cette voix autoritaire, malgré sa douceur, qui lui rappelait celle de ses pédagogues trop bornés pour reconnaître son plein potentiel. L’inconnu lui offrait néanmoins la porte de sortie qu’il cherchait désespérément, c’est pourquoi le Grec consentit à lui répondre.« Que sais-tu de la captivité, étranger? Peut-être que si on t'avait arraché à ta Cité, on t'avait enchaîné puis, roué de coups, jeté dans une cale humide et sombre pour finalement être vendu à cette immondice de Crêtois... peut-être alors perdrais-tu un peu de cet esprit qui nous est inhérents, à nous, hommes, et point aux bêtes, dont fait partie cette brute épaisse à tes côtés et qu'il me faut désormais appeler maître. » |
|  | | Nicias Notable

Nombre de messages: 140 Date d'inscription: 06/12/2004
 | Sujet: Re: Le Cachot Jeu 9 Fév - 12:20 | |
| Nicias fut consterné par la réponse d'Atreides, une réponse à la bêtise aussi insondable que le vase des Danaides. Une telle leçon venant d'un grec était aussi deplacée que stupide, une réponse qui eut le don de faire réflechir Nicias sur la nature de l'être qu'il avait en face de lui, ce n'était pas une bête sauvage, mais un imbécile qui ne s'écoutait pas, ou plutôt n'écoulait que lui. Et on ne pouvait pas menacer d'un sabre un imbécile, rengainant, Nicias décida qu'il n'avait pas à verser le sang d'un tel être, ce qui serait lui rendre hommage.
Face à l'arrogance de l'Athénien, Nicias répondit par le feu crétois, une réponse séche et sans concession:" Un Athénien donnant des leçons de liberté, et de l'esclavage ? Cité qui au temps de sa splendeur avait consrtruit sa puissance sur une force de 400 000 esclaves ? Et sa fortune sur l'asservissement de ses alliés ? Ne viens pas te plaindre de l'esclavage Grec ! Voilà deux siècles que vos esclavagistes ravagent les côtes d'Epire, de Thessalie, et même de ma Créte natale ! Combien de villages n'avez vous pas pillés ou saccagés ? Moi même je n'ai echappé à la servitude qu'en m'engageant dans les armées du Macédonien. Ne nous donne pas des leçons sur l'infamie de l'esclavage car dans une autre position tu serais le premier à t'y complaire. Quant à la bête sauvage, vois-tu athénien, la différence entre l'homme et la bête sauvage, c'est que l'homme a suffisament d'intelligence pour éviter de mordre la main qui le nourrit. Tu te méprends sur moi, mais je refuse de te montrer ta méprise. Mais sache que j'aurais pu t'affranchir si l'esclavage t'était si tellement insupportable, mais tu as laissé passer ta chance en t'attaquant à Anthéa. Je ne peux pas t'affranchir, tu serais une menace pour la communauté..." Se detournant en direction de Lysias, une main posée sur la garde de son sabre, il ajouta:" Vois-tu Lysias, je ne puis te le vendre, il est impropre à tout travail, il est pour moi un danger pour la communauté, il n'est qu'un prédateur sauvage et orgueuilleux. Je me refuse à être rendu responsable du prochain drame qu'il va commettre. Je ne crois pas en outre aux vertus du fouet, et des brimades, elles ne rendent les bêtes que plus féroces. Sa place est dans un cachot, ou au bout d'une corde, pas en dehors. Comprends mes réticences, et mes doutes Citoyen..." Nicias durant ses deux harangues n'eu pas un regard pour Iry-Hor, et il n'eut pas une parole. L'égyptien n'avait rien à faire ici, il lui était redevable pour les soins accordés à Anthéa, mais il ne supportait plus sa présence sous son toit. Il était un aveu de sa propre impuissance. |
|  | | Lysias Notable

Nombre de messages: 40 Date d'inscription: 07/06/2005
 | Sujet: Re: Le Cachot Jeu 9 Fév - 15:13 | |
| Lysias avait écouté Atréides sans rien dire. Il pensait à peu près la même chose que Nicias, mais jugeait le moment assez mal venu pour exprimer son sentiment.
Il s'était donc contenté de regarder l'Athénien d'un air qui disait clairement "qui es-tu pour juger de ma vie ? Est-ce que tu sais seulement ce que j'ai vécu ?" Il se demandait un peu comment Atréides avait fait pour savoir aussi rapidement qu'il était phénicien, mais il se demandait surtout pourquoi, voyant qu'il était phénicien et qu'il habitait sur une île grecque, il n'en avait pas tiré les conclusions logiques : à savoir que ce n'était pas de son plein gré qu'il était ici.
Nicias devait avoir doublement raison. Atréides devait être un peu idiot sur les bords. Lysias écouta en hochant la tête les paroles de Nicias qui le concernait. Par politesse pour son hôte qui semblait vouloir oublier la présence de l'égyptien, Lysias fit de même. Mais il ne put s'empêcher de constater que tous les bannis de la terre se trouvait dans ce cachot..."Je te comprends Nicias, mais il faut quand même que j'essaye. Tu ne seras responsable de rien s'il décide de nouveau de se transformer en bête féroce. Je dirai à tout le monde que si je t'avais laissé faire, il n'aurait jamais recommencé et serait déjà depuis longtemps au bout d'une corde. Mais on ne sait jamais ce qu'on peut trouver sous la carapace d'un homme. Et puis chez moi, il n'y a rien à mettre en danger. Ma femme n'a toujours pas réapparu, j'ai une esclave qui ne sert à rien, si tu veux, elle peut faire l'échange, comme ça elle ne risque pas de devenir la proie de l'autre. Quant à moi, avec la protection des dieux et quelques précautions..." Lysias franchit subitement les quelques pas qui le séparait du couteau qui était toujours par terre et le ramassa."...comme ne pas laisser traîner ce genre d'objet..." D'un mouvement dont il était difficile de dire s'il était négligent ou calculé, il lança l'arme hors du cachot. Le couteau décrit en sifflant dans l'air une trajectoire parfaite de précision et alla se ficher encore vibrant dans un des montants en bois de la cour."...je devrais m'en sortir." Lysias n'avait pas quitté son air habituel de citoyen trouillard prêt soit à se confondre en flatterie mièvre soit à partir dans une rage impuissante. D'ailleurs il recula immédiatement pour retourner sur le seuil du cachot. Mais sa main était déjà de nouveau dans les plis de son vêtement, comme celle du Crétois n'avait pas quitté la garde de son épée."Alors, acceptes-tu l'échange ? La fille pourra te servir dès aujourd'hui, pour aider Anthéa à préparer le banquet que tu donnes." |
|  | | Anthéa Esclave

Nombre de messages: 280 Localisation: Admin Date d'inscription: 06/12/2004
 | Sujet: Re: Le Cachot Jeu 9 Fév - 19:41 | |
| [Cuisine] Le pas léger, Anthéa s'approcha du cachot, balayant furtivement le jardin du regard. Arrivée devant l'édifice, elle remarqua que les deux hommes bouchaient l'entrée et elle se mit sur la pointe des pieds en demandant."Comment va Atréi..." La fin de sa phrase fut coupée par une exclamation de stupeur. Elle se glissa entre les deux hommes, les poussant pour entrer dans le cachot avant de s'accroupir devant l'égyptien, une main posée sur son front."Iry-Hor..." Le prenant par les épaules, elle le redressa de manière à ce qu'il soit assit. Anthéa regarda Atréides non pas avec un regard haineux mais simplement un regard d'incompréhension. Pourquoi s'en être prit à lui alors qu'il venait le soigner ? Elle, avait servi d'appât pour gagner sa liberté mais lui ? Anthéa s'en voulait de l'y avoir envoyé.
Prenant appui sur ses jambes, elle força le guérisseur à se mettre debout, ses bras entourant sa taille pour ne pas qu'il ne tombe à nouveau. Elle le fit marcher du mieux qu'elle put pour se diriger vers la sortie du cachot et posa son regard sur Nicias avec peut-être plus de reproches dans les yeux qu'elle n'en avait eu pour Atréides. Pourquoi continuait-il à discuter tranquillement en laissant son ancien esclave le nez dans la paille ? |
|  | | Iry-Hor Guérisseur

Nombre de messages: 228 Localisation: Admin Date d'inscription: 03/12/2004
 | Sujet: Re: Le Cachot Sam 18 Fév - 22:11 | |
| Iry-Hor avait profité de l'indifférence dont il était l'objet pour se concentrer sur son souffle et reprendre ses esprits. Il avait entendu la voix honnie du crétois disserter avec hauteur sur l'esclavage et les habitudes athéniennes. Il semblait incapable de parler simplement et lui qui exigeait le respect de tous était bien loin d'en offrir à quiconque. Par ses mots il poussait le grec à se rebeller davantage, au lieu de calmer le jeu par moins d'orgueil étalé. Une seconde voix, que l'égyptien ne put identifier se fit entendre. Plus calme, moins arrogante. Un nom avait été prononcé que le guérisseur n'avait pas compris. Ainsi l'athénien allait être vendu à cet homme là. Grand bien lui fasse ! Lui se désintéressait désormais de son sort.
Puis une autre voix perça les dernieres brumes qui s'effilochaient déjà dans son esprit. Anthéa. Aussitôt, il sentit sur lui ses mains douces et attentives et il se laissa redresser. Il s'appuya contre le corps moelleux de la jeune femme pour se mettre sur ses jambes. Sa voix murmurante résonna pour elle seule. "Je dois récuperer mon sac et mes onguents. Mon couteau aussi." |
|  | | Atreides Esclave

Nombre de messages: 50 Date d'inscription: 27/05/2005
 | Sujet: Re: Le Cachot Lun 20 Fév - 1:47 | |
| Valait parfois mieux battre en retraite et économiser ses forces pour les batailles à venir. Se débattre jusqu’à l’épuisement total était vain et inutile, surtout lorsqu’on se retrouvait à quatre contre un. Ce sont à ses conclusions que parvint Atreides, qui crut bon d’opter pour la passivité, malgré la colère qu’avaient provoquée en lui les paroles du Crêtois. La violence ne l’avait mené à rien jusqu’ici, ne réussissant qu,à le faire enfermer dans ce cachot insalubre, blessé à la tête. De plus, ce nouvel interlocuteur semblait mériter qu’on lui accorde un minimum de considération. Il semblait plus enclin à la diplomatie que son belliqueux compagnon. L’Athénien n’avait pas donné sa place en matière d’agressivité non plus, un peu de calme ne lui ferait donc pas de tort. La réflexion de l’étranger avait porté fruit, le jeune homme était bien décidé à se prouver supérieur à Nicias, peu importe le nombre d’affronts qu’il aurait à essuyer pour démontrer qu’il était capable d’une certaine civilité.
Le Grec suivit les palabres qui s’ensuivirent avec beaucoup d’attention, comme c’était de son sort qu’il s’agissait. Quitter le Crêtois ne serait pas un grand deuil. Ce dernier semblait d’ailleurs déterminé à se débarrasser de lui d’une manière comme une autre. Si c’était cette issue qu’on choisissait pour lui, alors Atreides ferait-il une tentative désespérée de fuite, mais les paroles de l’inconnu lui donnèrent confiance qu’il n’aurait pas à risquer sa vie de nouveau pour sa liberté. Aujourd’hui, du moins. L'adresse avec laquelle il envoya le couteau se planter dans la cour opposée au cachot suscita le respect de l’esclave, qui avait cru par erreur que l’homme n’était adroit que dans le négoce, comme le traduisaient son apparence et ses manières.
Atreides ne fit pas grand cas de l’arrivée soudaine d’Anthéa. Conservant sa concentration sur les deux hommes et l’entente à laquelle ils conviendraient, il ne croisa pas le regard qui lui fut lancé. Il se garda donc de parler à qui que ce soit, attendant avec appréhension la réponse du Crêtois. |
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